L’autre jour, Le Sabi m’a appelé, pendant que j’attendais mon tour chez la police d’arrondissement pour déposer une plainte.
jeudi 21 mai 2026
Tout s’achète, même un traumatisme
mercredi 18 mars 2026
Ce qui reste quand tout cède
J’ai décidé de commencer cet article dans l’avion qui m’emmène de Beyrouth à Athènes, en Grèce, le jeudi 05 Mars 2026, assise entre mon homme et ma fille.
J’ai décidé d’écrire
pendant que je fuis mon pays natal qui est sous les bombardements, pendant que
le flot de larmes coule de mes yeux ensanglantés, pendant que mes émotions
chamboulent entre angoisse, réconfort, haine et tristesse.
Ce n’est pas la
première fois que je quitte mon pays dans un état pareil, ce n’est pas la première
fois que je vis la guerre et ce n’est pas la première fois que je pars avec la
douleur du doute de ne pas, éventuellement, revoir ma famille!
Assise dans l’avion,
regardant par la fenêtre les fumées des bombes s’éloigner, je n’ai pas pu
m’empêcher de penser à P., ce client scénariste et producteur hollywoodien qui,
dès le début de ma mission avec lui, m’avait décrit sa relation avec
l’entreprise de gros oeuvre comme une histoire toxique- celle d’une femme qui
reste avec son mari même lorsqu’il la bat, persuadée qu’un jour tout ira mieux,
s’infligeant la douleur sans jamais partir.
Sur le moment,
l’image m’avait marquée. Aujourd’hui, elle me hante. Parce que c’est exactement
cela: une relation avec un psychopathe narcissique - il te détruit de l’intérieur,
te vide, puis te laisse croire que tout est de ta faute.
Et en regardant ces
fumées disparaître lentement derrière moi, j’ai compris… que c’est aussi ma
relation avec mon pays!
Aujourd’hui je
continue cet article, avec du recul et l’envie de ne pas écrire un énième
article sur la guerre, ni sur comment je vis cette réalité émotionnelle
particulière: je me réveille en vérifiant les informations et m’endors en
faisant la même chose, parce que quand ma famille est là-bas, les nouvelles
deviennent la seule façon de savoir si ceux que j’aime vont bien. Ni comment je
vis avec cette anxiété constante, cette culpabilité, celle d’être physiquement
en sécurité et cette forme d’engourdissement, comme si, à force de vivre
l’invivable, le corps décide de couper et apprends à ressentir moins, moins
fort, moins souvent, presque plus du tout.
Cette forme d’absence
de réaction… elle, ressemble à une forme d’abandon intérieur. Alors je navigue
entre plusieurs états:
Celui d’être ici, en
sécurité.
Celui de boire un
café pendant que là-bas, on compte les frappes.
Celui de rire parfois
et de s’en vouloir immédiatement après.
Comme si le simple
fait d’aller bien devenait une trahison.
Mais la vérité, c’est
que partir ne coupe rien. On ne quitte pas un pays, on le porte, partout, tout
le temps. À des milliers de kilomètres, il continue de bruler quelque part en
nous!
Ce pays qui fait de
moi qui je suis a façonné mon caractère, mon moi, ma personnalité et ce qui a
fait qu’à mon retour à Marrakech… quelque chose m’attendait: un accueil, une
chaleur simple, presque désarmante, Humaine!
Ma fille est
retournée à l’école après une semaine d’absence. Elle a été accueillie comme la
survivante d’une guerre avec accolades, joie des retrouvailles, figh fives,… Ils
étaient simplement heureux de la retrouver.
Le soir en partageant
cela avec moi, elle m’a demandé si moi aussi j’ai eu droit à des accolades sur
le chantier.
Pour moi, ils étaient
tous là. Heureux, vraiment.
Si Hassan, Yassine et
Moustapha… ne pouvaient pas me prendre
dans leurs bras pour des raisons de culture, ramadan ou de pudeur, je voyais
leur joie dans leurs expressions, leurs yeux, leurs regards, dans ce soulagement
sincère, presque palpable. Et ça suffisait à tout dire.
Et puis, il y avait
aussi Nyko, Doro, Javier… et là c’était des accolades, du bruit, de la chaleur,
une autre manière d’aimer, tout aussi forte.
Les amis aussi étaient
là, présents, d’une autre manière. Pas dans le bruit ni dans les embrassades
mais dans une présence continue, discrète et essentielle via des messages
quotidien, du soutient moral, de l’inquiétude.
Des messages chaque
jour, parfois simples comme « tu es arrivé ? », « ca va
aujourd’hui ? », « ta famille va bien ?» Sur
instagram ou par whatsapp. Des messages parfois plus longs, remplis de mots
qu’on ne sait pas toujours recevoir sans trembler. Des appels manqués suivis de
« rappelle-moi quand tu peux », des silences respectés quand il n’y
avait plus la force de répondre.
J’ai été profondément
touchée par ces amis qui m’entourent, par leur amour, par cette inquiétude constante, jamais pesante, et par
cette amitié sincère, bouleversante et touchante, comme un fil invisible qui ne
lâche pas, même quand tout autour semble céder.
Même après une guerre
qui semble avoir emporté avec elle le droit international, la justice et
jusqu’à l’idée même de l’humanité, il reste ces gestes là, discrets mais assez
puissants pour contredire le reste.
Dans tout ça, j’ai
retrouvé quelque chose que la guerre n’a pas réussi à m’enlever et que j’apprécie au plus profond de moi.
Parce que dans les
regards, dans les silences, dans ces gestes imperceptibles du commun des
mortels, il subsiste encore quelque chose qui résiste : une amitié
sincère, un reste d’amour, brut, fragile et tenace. Et parfois, c’est tout ce
qu’il faut pour continuer à tenir et ne pas se perdre.
lundi 24 novembre 2025
Indépendance ou Renaissance
Ca fait maintenant quelques mois que, quand je demande à mon fils ce qu’il est entrain de faire, il me répond : « j’écris des essais en guise de devoirs. » Et quelques part, cette phrase a réveillé en moi l’envie de me remettre devant mon blog, de recommencer à écrire, moi aussi.
Ces dernières
semaines, la surdose de médicaments et d’antibiotiques a altéré mes sens.
Mes émotions passaient à travers un filtre étrange, comme déformées, déplacées,
amplifiées.
Et puis est arrivée
la fête de l’indépendance du Liban, ce weekend, un déclencheur qui a touché une
corde sensible, un frisson qui m’a traversé d’un coup, comme si un pan entier
de ma mémoire se réveillait. Et comme pour accentuer encore ce vertige, j’ai
commencé à installer le sapin de Noel. Ses lumières chaudes, mêlées à la
nostalgie d’une fête nationale célébrée loin de chez moi, ont tout ravivé, ont réveillé
une nostalgie douce et douloureuse à la fois. Tout s’est entremêlé : la
fatigue, les sentiments, les silences, les manques, l’éloignement, mes frères
que je vois à travers des calls, l’amour du pays, les souvenirs accrochés aux
branches du sapin….. Je me suis retrouvée prise dans un mélange doux-amer, entre
la lumière du sapin et l’ombre de mon pays, entre ce que j’ai quitté et ce que
je construis. Un tourbillon qui m’a poussé à me questionner, à revisiter qui je
suis, d’où je viens et ce que je deviens.
Depuis quelque temps,
ma vie ressemble à un patchwork émotionnel : les fêtes que j’invente, ces
traditions que je rafistole, un peu du Liban, un peu de la France, un peu d’ici….
Comme si je cousais des morceaux d’identité pour me donner, à moi et ma
famille, un « chez nous ». Mais parfois, même ce mot – chez moi - devient flou.
Et c’est justement dans
ces flous que s’invite la peur. La peur de perdre ce qui m’a construite, la
peur que tout se dilue, que mes repères glissent entre mes doigts. La peur de
ne pas donner assez de racines, de laisser mes enfants flotter entre deux
terres comme moi. La peur que ce « entre-deux » devienne un vide au
lieu d’un pont.
Je me tiens souvent
entre deux mondes : à la fois trop loin d’où je viens et pas complètement
ancrée là ou je suis, en tant que femme et surtout en tant que mère.
Les appels vidéo ont
remplacé les grandes tables familiales, mes enfants apprennent à aimer des visages
qui vivent dans un écran, à rire et s’émerveiller d’instants capturés dans la
lumière d’une caméra. Egalement, pour mes neveux et nièces, je suis cette « tata
à distance » celle qui ne traverse leur quotidien qu’un mois par an, mais
dont la folie et les éclats de rire sont pleinement partagés à travers des
pixels.
Elever des enfants
entre deux cultures, dans un pays tiers qui n’a façonné aucun de nous deux, c’est
marcher avec délicatesse sur un fil invisible. C’est se sentir déracinée et
pourtant entrain de pousser ailleurs. C’est perdre quelques repères pour en
créer de nouveaux, rien qu’à nous :
Je leur apprends des
mots que mes voisins ne comprennent pas.
Je cherche les miens
parfois perdus dans le coin de ma mémoire.
Je traduis mes
émotions plus souvent que mes phrases.
Mon accent change
selon les jours : il s’adoucit dans une langue et s’alourdit dans l’autre.
Les chansons de mon
enfance résonnent autrement.
J’ai envie de plats
que personne ici ne sait préparer.
Et mes enfants,
peinent à imaginer les coutumes, les repas, les rires et les histoires que moi
j’ai connus autrefois, des fragments de vies que je leur raconte à travers des
éclats de souvenirs et de gestes.
Mes enfants, sur leurs
chemins, ramassent des gestes, des habitudes, des éclats de vies qui ne
viennent ni totalement de moi, ni totalement d’ici. Ils tissent un peu de
chaque monde dans leur manière d’être, un mélange fragile et beau, comme si une
terre qui n’est pas vraiment la mienne devenait doucement la leur.
Et puis, le lendemain,
ça te frappe : Ce que je vis n’est pas une crise d’identité. C’est une
renaissance, pour moi et pour eux.
Se perdre un peu, se
retrouver autrement. Apprendre que l’entre deux n’est pas un vide, mais un
espace à inventer. Que l’amour, lui, n’a ni frontières ni fuseaux horaires. Qu’il
se tisse dans chaque rire partagé, chaque mot inventé, chaque souvenir
transmis. Et dans ce va-et-vient entre ce qui a été et ce qui devient, nous
trouvons notre place. Notre fil. Notre magie.
jeudi 11 septembre 2025
Démission du Gouvernement
Hier, autour d’un café avec les habitués libanais de mon restaurant, on papote comme à notre habitude quand un ami reçoit un appel téléphonique, il se lève brusquement, l’air grave, comme si l’Élysée l’appelait en urgence.
Silence autour de la table… On s’attendait presque à voir débarquer des gardes du corps.
« C’est
sûrement le gouvernement », glisse quelqu’un en riant. Chez nous cette expression
est utilisée quand la femme de quelqu’un l’appelle.
Finalement,
ce n’était qu’un appel du boulot. Mais cette petite phrase a lancé la
discussion…
Un ami,
moins familier avec l’expression, me regarde et demande :
-
« Et toi, tu n’as pas d’appel du gouvernement ? »
Un
autre lui répond du tac au tac :
-
« Mais c’est elle, le
gouvernement ! »
Alors là, non! Stop. Je rends le mandat.
Je ne
veux pas du tout ce titre.
Parce
qu’on va être honnêtes deux minutes : être « le gouvernement » à la maison, ça
veut dire quoi, exactement ?
Ca veut
dire que si la femme de ménages a fait un accident, si l'école se termine
exceptionnellement à midi, ou qu’un rdv de dernière minute s’ajoute à l’autre
bout de la ville… eh bien rien ne change à la journée et emploi de temps de monsieur.
Mais moi, en vrai, soyons clairs, pendant
ce temps, voici ma « mission gouvernementale » quotidienne :
– Oui,
le dîner est prêt : protéine, légumes et pas beaucoup de féculents.
– Oui,
les enfants sont récupérés (tous, en entier, même le cartable).
– Oui,
le chien est nourri (et pas avec les croquettes des enfants, attention).
– Oui,
les courses sont faites (et pas par Amazon, hein).
– Oui,
la machine est vidée (et la femme de ménage est à l’hôpital).
– Oui,
les shootings et posts Insta du resto sont prêts, filtrés, légendés,
sponsorisés.
– Oui,
j’ai relu mon dernier compte rendu de chantier.
– Oui,
j’ai relancé le menuisier, le BET fluides et l’acousticien (qui répondent plus
lentement que n’importe quelle administration).
– Oui,
la société tourne et les clients satisfaits.
– Oui,
l’apéro du samedi est organisé, avec olives, glaçons, playlist et même la
bougie anti-moustiques.
Et
j’arrête là parce que la liste est si longue qu’on dirait un inventaire à la
Prévert… sous stéroïdes.
Donc non, Merci.
Je ne
veux pas être « le gouvernement ».
Je ne
veux pas gérer les crises, faire les lois, organiser les sommets internationaux
ET préparer les tartines du matin.
Je ne
veux pas dormir « comme un bébé » – parce qu’un bébé, ça se réveille toutes les
deux heures.
Je veux
dormir comme mon mec : inconscient, serein, persuadé que tout roule… parce que
quelqu’un d’autre s’en est déjà occupé.
Alors à
mes amis, je dis : prenez le gouvernement, le ministère et même la République
si vous voulez.
Moi ? Je vise plus haut.
Je veux juste récupérer ma
liberté et être… la Touriste!
jeudi 10 octobre 2024
Périodes teintées
Ca fait plusieurs jours que j’ai mal au ventre et que je me demande si j’ai chopé le virus qui traine en ce moment au Maroc, mais aujourd’hui, je viens de comprendre que j’ai chopé le virus « boule au ventre » qui traine chez la diaspora libanaise, un mal que tout libanais a depuis que la guerre a commencé au Liban, un sentiment de contraste dévastateur entre la distance physique et l'intensité émotionnelle.
Un
comédien et acteur de mon pays a dit récemment « quand mon pays va mal, je
vais mal », il a bien décrit ce sentiment profondément ancré dans
l'empathie et l'identité personnelle. Il est bien vrai que lorsque mon pays
natal est sous les bombes, cette connexion devient encore plus intense surtout
depuis l’étranger : chaque explosion résonne en moi comme une douleur
lancinante. L'angoisse pour ma famille, sous les bombes, est omniprésente. Je
me sens à la fois impuissante et coupable. Coupable car je suis à l’abri. Les
nuits sont marquées par des cauchemars, et chaque appel manqué accentue le
sentiment d'isolement. Malgré la distance, l'amour et la peur se mêlent, créant
une lutte intérieure perpétuelle entre le désir de protéger, d’aider, de soutenir
et l'incapacité de le faire.
Chaque
jour, je ressens cette douleur palpable, cette inquiétude constante pour les
proches restés sur place et pour la terre qui m’a vu grandir.
Chaque
jour, je suis submergée par un flux incessant d’informations sur la guerre qui
ravage mon pays. Mon téléphone vibre en permanence avec des alertes, chaque son
déclenchant une montée d’adrénaline et une inquiétude sourde.
Chaque
jour, Mon esprit vit un orage chaotique, où chaque rapport sur la situation me
hante, me rendant difficile de me concentrer sur quoi que ce soit d’autre. Les
journées sont longues et les problèmes de chantiers, de climatisation, de rouge
ou de noir ne valent rien à mes yeux en ce moment.
Chaque
jour, Je lutte avec ce désir de rester informée, mais cette connaissance est un
cycle vicieux d’angoisse. Dans les moments de répit, même manger ou travailler
ne fait que raviver mes pensées, alors que j'attends désespérément des nouvelles
rassurantes de mes proches, de mes amis, de mes copatriotes dont la sécurité
m’inquiète profondément.
Chaque
nouvelle d'attaques ou de souffrances infligées à mon pays ravive un sentiment
d'impuissance et de tristesse. C'est comme si une partie de moi-même était en danger,
comme si la souffrance collective résonnait en moi.
Le
stress et l'anxiété deviennent des compagnons permanents, affectant ma santé
mentale et mon quotidien. Les souvenirs heureux de mon pays contrastent
cruellement avec la réalité actuelle, créant un sentiment de perte et de
nostalgie. Il est difficile de se sentir bien dans un monde où tant de gens
souffrent, dans un monde qui a perdu son humanité.
Chaque
jour, l'espoir d’un avenir meilleur se heurte au désespoir face à la réalité,
et je me sens enchaînée à cette souffrance collective qui éclipse ma propre
vie, qui me pousse à me demander s’il y aura un avenir pour mon pays, si je
vais perdre une partie de mon identité.
Hier,
Assise sur mon canapé, je ressentais chaque explosion comme une détonation dans
mon cœur. Mes pensées voguaient entre le présent et le passé, les histoires que
me racontaient ma mère quand j’étais jeune refont surface.
Elle me
racontait souvent ses souvenirs, ses nuits d’angoisse où elle s’accrochait à
son téléphone, espérant entendre la voix de ses proches, celle qui apaiserait
ses craintes. C’était juste après son mariage pendant la guerre civile de
1975-1976 quand elle a suivie son mari, mon père, en Arabie saoudite son pays
de résidence à l’époque, son lieu de travail. Elle me racontait comment les
journées s’étiraient, mélancoliques, ponctuées par l’angoisse d’un message,
comment la nourriture perdait son goût, chaque bouchée devenait un effort, un
rappel cruel de la vie qui continuait alors que la sienne semblait figée dans
l’attente. Aujourd’hui, c’est à mon tour de vivre cette douleur, de m'accrocher
à mon écran, guettant des nouvelles de mes proches au Liban, de ressentir la
même paralysie, la même impuissance, à des milliers de kilomètres de ceux que
j’aime.
Chaque seconde les messages des
amis qui veulent avoir des nouvelles de ma famille s’affichent sur l’écran, des
mots de soutien et de compatis, des messages d’amour et de désarroi
s’entremêlent avec les images de destruction et de chaos.
Les
collègues et les amis finissent toujours leurs messages par vous les libanais
vous êtes résilient, on admire votre résilience…. Oui mais nous on en a marre!
Nous avons déjà prouvé notre résilience à plusieurs reprises, nous avons gardé
les séquelles des guerres antérieures, de l’inflation, de la crise économique,
de la révolution et comme a dit une humoriste belge d’origine libanaise: nous
sommes les Héritiers de traumas intergénérationnels et pire encore….
dimanche 2 avril 2023
Mon expérience Chatgpt ou Intelligence Artificielle
Hier lors d’un diner organisé à la maison autour de mezzés, de plats libanais revisités et de quelques bouteilles de cépages autochtones et variés, les discussions battent leur plein. Les irlandais parlaient de l’Irlande, les français de la France et les libanais du Liban. Nous avons évoqué le rugby, les histoires de notre enfance, le vin, la bourse, les relations publiques, les mondanités de Marrakech et bien évidemment le sujet incontournable : le chatgpt ou intelligence artificielle, les métiers qui vont disparaitre, l’utilisation et l’insécurité que nous avons face à cette technologie en expansion.
L’intelligence
artificielle ou IA pour ceux qui ne sont pas encore à jour avec l’actualité est
un processus d’imitation de l’intelligence humaine par des machines. Son but
est de permettre à des ordinateurs de penser et agir comme des êtres humains. Mais
si l’intelligence artificielle est devenue aujourd’hui un facteur d’innovation
dans le monde du travail et ses applications quotidiennes, je reste sceptique
sur son remplacement de l’être humain complètement.
Ce matin
j’ai voulu prouver mon point car je considère que Chatgpt ne pourra pas
remplacer mon écriture, mon style ni mes articles, du coup j’ai ouvert mon
ordinateur et j’ai décidé de tester quelques notes que j’avais déjà écrites en préparation
d’articles à venir. Voila le résultat.
Mon texte :
N’ayant
pas d’engagements et seule ce samedi soir, j’ai voulu avancer sur les plans que
je dois absolument transmettre sur le chantier la semaine prochaine en me
disant que je peux gagner un peu de temps libre pour un déjeuner avec une
copine ou une petite marche à pied avant les visites de chantiers. Une fois
devant l’ordinateur, un verre de rouge à côté, j’ai décidé d’écrire !
Ça
faisait longtemps que je n’ai pas partagé sur mon blog pourtant les idées, les
news, les conneries ne manquent pas. Elles sont dans mes notes, dans mon
téléphone et dans ma tête. Je n’ai plus pris le temps de me poser et d’écrire.
Entre les sorties, les enfants, le travail, la charge mentale, la nostalgie du
pays, de la famille et des amis, je ne me suis pas accordée un petit moment
pour moi depuis longtemps, même les weekends sont devenus une prolongation de
la semaine chargée.
La réponse
de Chatgpt :
Je suis désolé
de vous entendre dire que vous vous sentez dépassée par vos engagements et que
vous n’avez pas pris le temps de vous oser et d’écrire depuis longtemps. Il est
important de prendre soin de soi et de se donner du temps pour se ressourcer et
se détendre.
N’oubliez
pas que prendre soin de soi ne devrait pas être considéré comme un luxe, mais plutôt
comme une nécessité. En prenant soin de vous, vous serez en mesure de mieux gérer
vos engagements et de vivre plus équilibrée et plus heureuse.
Jusque-là
je veux bien admettre que la leçon de morale venant de la machine est bien
logique, l’ordinateur a bien raison mais ne m’aide pas dans ma recherche, donc
j’ai décidé de tester un autre texte.
Mon texte :
Hier lors
d’un dîner, j’ai eu une belle discussion avec un petit garçon de 9 ans qui me
confirme qu’il est bien content d’être un garçon malgré tous les avantages que
les filles ont ! En creusant un peu plus, il s’est avéré que les filles font
beaucoup de shopping avec leurs mères qui elles-mêmes font beaucoup de shopping
et donc elles ont pleins de cadeaux… Je lui avais répondu que si les cadeaux étaient
la chance que nous avons d’être filles ou femmes et bien lorsqu’il sera grand,
il comprendra qu’effectivement il a la chance d’être un garçon mais pour
d’autres raison que ce qu’il ne pense aujourd’hui. Et que Oui il a bien la
chance d’être un homme, car la vie de la femme n’est pas du tout un fleuve
tranquille.
La réponse
de Chatgpt :
Quant à
la discussion que vous avez eue avec le petit garçon de 9 ans, il est
malheureux de constater que certaines idées stéréotypées sur les rôles de genre
sont encore présentes dans notre société. Il est important de rappeler que les
filles et les garçons ont les mêmes capacités et les mêmes droits, et que les
choix de chacun doivent être respectés sans discrimination de genre.
Il est
important d'écouter et de comprendre les points de vue des enfants, mais aussi
de les aider à avoir une perspective plus large sur les avantages et les
inconvénients de chaque genre. Les avantages de la vie féminine ne se résument
pas seulement aux cadeaux qu'elles peuvent recevoir en faisant du shopping. Il
y a aussi des aspects tels que la capacité de porter la vie et de donner
naissance, l'opportunité de travailler dans des domaines autrefois considérés
comme exclusivement masculins, et la possibilité d'exprimer leurs émotions sans
être stigmatisées.
Cependant, il est vrai que les femmes peuvent également faire face à des défis tels que la discrimination et les inégalités dans les opportunités professionnelles, les attentes sociales qui pèsent sur elles pour être des mères et des épouses parfaites, et les problèmes de sécurité personnelle.
En fin de compte, chaque genre a ses propres avantages et défis, et il est important de reconnaître et de respecter ces différences tout en travaillant ensemble pour créer une société plus égalitaire et inclusive pour tous.
Et pour
finir, il me dit :
Je vous
encourage à continuer à être consciente de ces stéréotypes de genre et à les
remettre en question lorsque vous les rencontrez dans votre vie quotidienne. En
étant une voix pour l'égalité et la justice, vous pouvez contribuer à créer un
monde où les hommes et les femmes sont traités avec respect et équité.
Je vous souhaite tout le meilleur dans vos efforts pour vous épanouir, être en bonne santé et poursuivre vos passions et vos objectifs. N'hésitez pas à vous accorder du temps pour vous-même, à chercher du soutien auprès de vos amis et de votre famille, et à continuer d'écrire et de partager vos pensées et vos expériences avec le monde.
Finalement,
pour revenir à ma discussion avec mon ami lors du diner hier sur le fait que
Chatgpt a plusieurs avantages, notamment la compréhension du langage naturel, l’interprétation
des requêtes et questions posées de manière naturelle, l’adaptabilité à différents
domaines de connaissances, la réponse cohérente, précise et pertinente à une variété
de questions, l’accès à une vaste base de données et surtout la capacite à générer
du texte de qualité et que Chatgpt est un outil puissant pour la génération de
texte avec de nombreuses applications dans divers domaine, ce système manque encore
de touche humaine, naturelle et émotive.
Pour moi,
ce système a une difficulté encore à produire des textes singuliers ou exprimer
une sensibilité. Son style est froid et impersonnel et ne peut ressentir d’émotions
il a du mal à interpréter certaines subtilités du langage comme le sarcasme, l’humour
ou les jeux de mots.
Ce système
manque encore d’intelligence émotionnelle, grande qualité de l’être humain et qui
est la capacité de comprendre, de gérer et d'exprimer ses propres émotions, d'avoir des compétences telles que la conscience de soi, la régulation
émotionnelle, la motivation, l'empathie et les compétences sociales.
lundi 7 février 2022
La maman d’un ado
Celui qui
était le petit sabi au moment où j’ai commencé ce blog, a aujourd’hui 15 ans
avec tout ce que cela implique comme lassitude de la vie, hormones, projets et
surtout sorties avec les copains. Il a beaucoup d’idées de génie, de langage en
perpétuelle mouvance, de programmes et autant de journées de “flemme” ou de « seum » parce qu'il n'a pas la possibilité d'être
"AKLM", à cause d'un "boloss" de prof.
Askip, la
daronne du Boug qui gère, doit apprendre à ne pas stresser mais « Yolo » !
Le BG qui
s’en Balec de tout et qui adore la musique en ce moment, passe son temps à
brancher ses playlists sur la sono de la maison, de la voiture, de la salle de bain
et veut m’apprendre « how to get sturdy » en m’envoyant par réseaux
sociaux toutes les vidéos de Kai ou Mdotbabyy pour me mettre à jour, devenir
une frappe et ne pas appartenir à la génération des « ieuv ».
Je ne
vais pas cracher dans la soupe, je passe de très beaux moments avec lui, de
partage et de d’apprentissage, de discussions et de rigolade. Un moment pour
moi pour faire ressortir mon âme d’enfance, de danser sur la musique en
cuisinant ou en travaillant.
Mais être
maman d’un adolescent n’est pas que fleuve tranquille H24. Il a aussi ses
sorties, ses bêtises, ses journées dans le canapé tronche en biais et portable à
la main à envoyer des lettres assemblées bizarrement à ses copines sans oublier
la taille de son nombril qui est inversement proportionnelle à celle de son
cerveau car il exprime son besoin urgent, absolument vital de sneakers dernier-cri
15 fois par jour.
Quand on
discute il me reproche d’avoir une peur inexpliquée, d’être parano, de trop
stresser car quand il n’est pas là je visse mon téléphone au bout du bras, je le vérifie
nerveusement toutes les secondes en attendant une réponse de sa part qu’il a « zut »
oublié de m’envoyer. Il me reproche de ne pas le laisser aller se balader seul en
centre-ville à Marrakech, de prendre un taxi lambda pour rentrer la nuit, de
vouloir savoir où il est à chaque moment de sa journée.
Il a
raison sur certains points, je stresse beaucoup, comme si cela m’évitera les
mauvaises nouvelles mais quand il me demande une rétrospection et le pourquoi du
comment qui génère mon stress je ne peux pas m’empêcher de retourner dans mon
enfance au Liban, pays de guerre, d’insécurité et d’années sombres, de mamans
qui ont vu leurs enfants partir et ne plus jamais revenir. Depuis toute jeune
je sais ce que c’est la perte d’êtres chers pendant la guerre mais pas que. Mon
pays n’a jamais connu la stabilité, les attentats peuvent survenir à n’importe
quel moment et ce jusqu’à aujourd’hui. Récemment j’ai perdu 3 cousins jeunes lors
d’un meurtre commis dans mon village, l’endroit le plus paisible du Liban, l’endroit où je me sentais le plus en sécurité et où je pouvais laisser mes enfants aller
jouer dans la rue sans aucun souci.
Je me
souviens quand j’étais ado à mon tour, je passais une après-midi tranquille à la maison sans l’ombre d’un nuage en vue, quand ma mère a reçu un coup de fil de
l’hôpital le plus proche lui annonçant que mon frère y est suite à une
agression commise contre lui en rentrant à la maison. Je me souviens jusqu’à ce
jour du visage de ma mère, de son stress, des journées passées à l’hôpital à s’inquiéter
pour mon frère et tout le charabia qu’il y a autour.
Donc Oui,
je stresse, Oui j’ai des traumatismes d’enfance que je lègue à mes enfants à
travers mon comportement et Oui la constitution de mon pays est ancrée en moi,
coloriant mon sang, touchant mon âme jusqu’au fond de mes tripes.
Bref, si je pouvais, j’aimerais revoir ma maman pour m’excuser de tous les moments où je l’ai inquiété, où je n’ai pas donné de
nouvelles où je l’ai contredites. Maintenant, Je peux
très bien comprendre ses sentiments.
Etant
maman d’un ado, j’ai appris que je ne pourrais jamais protéger mon enfant de
chaque blessure, ni les empêcher mais je peux être présente pour l’aider à surmonter la douleur.
