mardi 14 mai 2013

Révérence à ADI


Après le passage du tourbillon Adi, j'ai éprouvé le besoin de retrouver mes bouquins délaissés depuis une semaine. Une semaine sous le signe du combat maman-enfant pour la lutte contre les mauvaises habitudes alimentaires et la sous-alimentation chez l'enfant. Un combat d'une amie qui n'est pas sans me rappeler mon propre combat quotidien contre les carences nutritionnelles au sein de ma propre famille et celui de chaque maman responsable soucieuse d'inculquer les bonnes habitudes à sa progéniture, convaincue que l'éducation du palais fait partie intégrante de l'éducation tout court.

"Ya maaaaamy! Mange un peu, tu n'as rien mangé aujourd'hui!!!! Ya maaaaamy je te laisse plus jouer!!! Maaaaamy!!!" Ce fut le slogan du séjour du tourbillon Adi! Même ma petite october-girl de 18 mois a retenu "mange Adi" et elle me le répète à longueur de journée.

Le livre que j’ai retrouvé et que j'ai sous la main parle de vieux complices qui se retrouvent pour braquer un musée de Boston dans le but de piquer un Rembrandt pour le compte d'un mafieux dépressif. Quand vient le moment où l'auteur décide d’exposer les personnalités des héros, je tombe sur un cinglé au sang froid qui déteste les légumes, la faute de sa mère car jusqu'à son décès, à soixante-six ans, elle avait voulu à toute force le gaver de poireaux, de chou-fleur et autre légumes qu'il exécrait! Il avait essayé de le lui expliquer à maintes reprises et de façons plus clair les unes que les autres, genre je cite:
" Mama, mon métier, c'est de flinguer les gens; c'est un milieu pourri. Tu ne trouves pas ça un peu raide qu'on soit là à s'appesantir sur mes mauvaises habitudes alimentaires? Ça change quoi, quelques vitamines en plus, si chaque matin je peux me faire surprendre dans mon lit par une balle?"
De toute évidence, aux yeux de la maman, le problème n'était pas que son fils trucide de temps à autre X ou Y, mais qu'il ingurgite sa ration quotidienne de vitamines!


À la manière de toutes les autres mamans que je connais, que nous aimons ou pas les légumes, le jour où nous échappons nous même à la pression de nos mamans nous nous rendons compte que nous sommes à notre tour en train de mettre la même pression à un être plus faible avec un abus de faiblesse horrible!!!!
 
Est-ce que nous usons et abusons de nos pouvoirs au bon moment et pour la bonne cause? Sommes-nous en train de nous concentrer sur un problème négligeant le reste ?
Sommes-nous des agents Under-cover de l’Unicef  affectées par famille pour sauver le monde des carences en iode principale cause des retards mentaux ? ou sommes-nous en train de fabriquer des fous avec nos attitudes et nos angoisses ?

 

lundi 29 avril 2013

Ce 07 Avril, 2 ans après.

Ce soir arrive ma meilleure amie et témoin, mais comme elle sait se faire attendre, elle arrive vers minuit. Pour m’occuper, j’ai décidé de répondre à mes mails, messages et vœux de la nouvelle année. Vu tout le retard que j’ai accumulé, je me suis autoproclamée championne des réponses  tardives et j’ai pris le temps de m’excuser auprès de mes amis mais ce que je n’ai pas précisé c’est que j’ai acquis depuis peu, un nouveau titre que m’ont collé les amis locales : «  FFD » ou « Femme au Foyer Débordée ». Je vais revenir dessus dans un autre article car j’ai beaucoup à dire.
En plus il y a cette explication que j’ai voulu partagé depuis les préparatifs de la soirée « 1 Love 1973 » de mon mari-idéal, lorsque une amie m’a dit droit dans les yeux que lorsqu’on prend une femme qui a toujours eu un métier difficile, compliqué et prenant et qu’on la transforme en femme au foyer, elle se complique la vie, les taches et les occupations pour faire de la moindre activité, du moindre détail un projet lui rappelant son métier, sa passion.
Ce qui est vrai !!!! Paf !!!
 
 
 
 
Car pour l’anniversaire de mari-idéal j’ai organisé une petite soirée entre copains et pour une accro à l’enseigne parisienne Picard, grand nom du surgelé, je me suis improvisée chef cuisinier jalouse de top chef, masterchef et tous les blogs de cuisine qui te font croire qu’il suffit de mélanger 2 ingrédients pour faire un plat gastronomique.

 
 
Le résultat de 2 semaines de recherche de recettes-parfaites-qui-peuvent-plaire et 2 jours derrière les fourneaux ont donné ceci en images.
 
 

dimanche 24 mars 2013

Le 20032013

 
 

Ce 20 mars c'est ton anniversaire, tes 64 ans. Pour la première fois, tu as manqué à l'appel, je ne peux pas t'embrasser, te souhaiter un joyeux anniversaire, je ne peux pas t'appeler ou t'écrire!

Je ne veux pas te faire d'éloge sur le net, mon avis tu le connais, je veux juste marquer le jour, la date et le cri de cœur d'une fille devenue à moitié orpheline!

Etant quelqu’un qui a su se faire aimer autant, tu ne peux mourir en entier. Tu es une grande dame qui n’a laissé personne indifférent. Ta ténacité́ et ta joie de vivre, même dans la maladie, te rendaient attachante, et l’on doit s’en inspirer. Une femme aussi remarquable ne nous quitte jamais tout à fait. Tu vis au plus profond de notre cœur et, pour te revoir, il nous suffit donc de fermer les yeux.
 
Avec ta joie de vivre, je t'imagine, tous les soirs, me chuchoter à l’oreille, « La vie est trop belle, il faut en jouir… »
Je t’aime….

lundi 28 janvier 2013

A pattern unit


Je viens de finir la séance de devoir avec mon sabi concernant les « Pattern Unit ». Une séquence répétitive de 3 éléments qui se suivent, empilée l’une derrière l’autre pour faire « the pattern ».

Juste après je sors prendre l’air, griller une clope sur le perron de la maison, dans le jardin pour éviter d’enfumer les autres membres de la famille et pour contempler le beau ciel étoilé. Il faut que j’avoue, au passage, adorer le ciel la nuit et la lune à Marrakech. C’est un très beau tableau que nous offre la nature, un claire de lune très lumineux dans un ciel dégagé toujours au rendez-vous, un paysage nocturne encore plus éclairé qui peut être facilement repris par de nombreux romanciers, peintres, illustrateurs, cinéastes, conteurs ou une bloggeuse à la quête d’un moment romantique après un épisode de devoirs.

Pour revenir à mon sujet principal, je regardais le beau ciel donc et la pleine lune quand je remarque la présence d’un palmier dans mon champ de vision. Le palmier a toujours été pour moi un souvenir de mon enfance en Arabie saoudite. Dans tous mes souvenirs, quand je ferme l’œil ou dans mes photos d’enfance,  il y a un palmier ou des centaines de ce dernier. Ils étaient la, lors des piqueniques dans des forets de palmiers, sur le chantier de papa, dans notre jardin, dans la rue…..

D’un coup, une idée me traverse l’esprit.
Apres 34 ans passées en Arabie saoudite, au Liban et en France à raison de 11 ans en moyenne dans chaque pays, après 34 ans de ma vie, je me retrouve à côtoyer des palmiers.

Serais-je aujourd’hui en train de refaire cette boucle, à rempiler les années dans les 3 pays qui ont contribué dans ma vie pour faire un « Pattern unit » ? Vais-je passer encore 10 ans à Marrakech (pays arabe = Arabie saoudite dans ma vie d’avant) avant de rentrer au Liban ? Et 11 autres années avant de retourner vivre en France ?

Il n’y a que la patience pour confirmer ma théorie, mon intuition, mon « Life Pattern »

jeudi 3 janvier 2013

Mon dernier mot à ma mère

 
 
C'était la nuit du samedi 22 au dimanche 23 décembre 2012 quand j'ai invité une amie pour boire un verre chez nous. Je sortais de deux jours à l'hôpital et j'avais une envie de boire, de me saouler, j'avais ce sentiment qu'il n'y avait pas de lendemain.

Puis, à un certain moment, je ne pouvais plus continuer, je pars me coucher, je regarde ma montre qui affichait 02:20 et je ferme mes yeux. De l'autre côté du pays, à l'hôpital tu as fermé les yeux pour ne plus jamais les ouvrir puis ils ont annoncé : "time of death 02:20".
Le lendemain j’ouvre mes yeux pour découvrir que ma vie a changé, pour la voire différemment!

Du Liban aux états unis, tu as parcouru les continents en quête de remède. Du Liban à Marrakech tu as volé pour t'assurer de ma qualité de vie.
Du lundi au vendredi tu m’as prouvé ta force, ton courage, ta volonté de vaincre la maladie et ta passion pour la vie.

Dernièrement, de ton lit d'hôpital à ton tombeau, et pendant tes funérailles, tu m'as donné des conseils de dernière minute, tu m'as demandé de prendre soin de ta grande famille me les citant un par un, tu m'as obligé à devenir adulte, tu m'as beaucoup appris.
Tu m'as relayé tes responsabilités, tu as placé la barre très haut et en plus tu m'as quitté très tôt.
 
Pour ma part, il y aura un avant dimanche 23.12.2012 et il y aura un après. Ils avaient prévu la fin du monde ce jour mais je ne savais pas qu'il ne me concernait qu'à moi.

Quand l’esprit se détache


Il m’est arrivé plusieurs fois de commencer à raconter ce phénomène de disjonction de mon âme et de m’arrêter juste après, faute de temps, de volonté ou de conviction.

J’ai souvent cru que ce que je sentais relevait de l’imagination très poussée ou de l’exagération de la créativité sans vraiment analyser ce fait, ni le juger et ceci jusqu’à ce jour, à l’hôpital, aux côtés d’une personne suspendue entre ciel et terre, un corps allongé, frêle et un esprit voyageant dans l’histoire, son histoire, vagabondant d’une personne à l’autre, d’un lieu à un autre, vivant, actif et désorienté.

Loin d’être le même scénario, mon détachement, aussi fréquent que les réunions de chantier, ressemble un peu au survol de son âme au-delà des limites de son corps, de la pièce, du présent.

Il y avait de ces moments dans ma vie de tous les jours que j’estimais longs, banales et pas intéressants. Je jugeais ma présence inutile autour de la table de la salle de réunion ou autour de la table basse du salon chez des connaissances. Je ne pouvais pas quitter la pièce, je ne pouvais pas tout simplement sortir, disparaitre, alors j’y laissais mon corps !

Mon moi, mon âme, mon esprit se détache pour se cacher derrière ce corps qui devient, pour l’occasion, semblable à l’armure en métal du guerrier du moyen-âge. Mon corps s’identifie à cette armure utilisée durant les batailles pour protéger le corps dans sa plus grande partie des coups de l'ennemi et vient protéger, cacher, isoler mon âme des regards et présence d’autres personnes. Je réussis à ce moment bien précis et à travers les trous du crane destinés à abriter les yeux, à contempler, à regarder,à me méfier des gens autour comme le ferait ce guerrier sur son cheval à travers son heaume.

Dans mon corps, mon âme devient étrangère, prisonnière et ne demande qu’à s’éloigner, sortir, s’évader rappelant Axel Villiers de l’Isle-Adam qui dit : « vivre ? Les serviteurs feront ça pour nous »

Aujourd’hui et sous l’effet de la morphine, cette personne chère m’a confirmé que corps et âme ne font pas forcément un tout le temps et que quelque soit notre constitution, notre fonctionnement , notre vie «  tous les sièges disposent de la même vue sur l’univers » (Réf. guide du musée, planétarium Hayden)

lundi 26 novembre 2012

La notion de moitié


Régulièrement, et depuis que j’ai quitté le Liban et que j’ai obtenu la double nationalité franco-libanaise, les gens me demandent si je me sentais « plus libanaise » ou « plus française », question à laquelle j’ai souvent répondu « moitié/moitié » par soucis d’équilibre et d’équité.
 
Aujourd’hui en survolant la méditerranée, je me suis retrouvée à mi-chemin entre mon pays d’origine et mon pays adoptif, partagée entre 2 pays qui ont forgé mon identité, 2 pays qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Mon « moi-même » je l’ai construit, transforme tout au long de mon existence. Quand j’ai commencé à avoir un rôle principal dans cette transformation, je partageais ma vie a la lisière de mes 2 pays, de 2 langues, 2 cultures et c’est dans ce partage que je trouve mon équilibre, ma notion de moitié.
 
Ce qui me ramène à un matin dans le métro il y a plus d’un an quand je me suis pressée, comme tous les matin, pour me trouver une place assise afin de pouvoir lire mon cosmo tranquille car, je l’admet, il n’est pas évident de le lire debout, serrée comme une sardine et tourner la page tout en tenant la barre du milieu !
 
Donc avant de rentrer dans le wagon je repère avec l’œil d’une experte deux places libres, je fonce pour prendre la première quand une experte en la matière saute la prendre avant, je fonce et saisi la 2eme place encore libre quand je me retrouve à côté d’une énorme personne en taille et en volume. Il ne me restait plus que la moitié de la moitié de la place. Je n’étais pas à l’aise car il n’y avait pas d’équité, pas d’équilibre.
C’est comme dans un couple ou les deux moitiés égales  forment une entité à part entière et ne sont complètes, à mon avis, que unies. Il suffit que l’un d’eux parte pour que le couple se déstabilise.
 
Je reviens à mon identité, je la compare à un verre rempli à moitié par une religion, une culture, une langue voire deux, un village, des amis, des études jusqu’au jour où j’ai choisi d’immigrer en France et remplir ce même verre avec une autre culture, une autre nationalité, un autre mode de vie, une activité professionnelle….
Aujourd’hui au Maroc, je vis un blocage complet, un blocage contre un dialecte, un pays, une culture, … ce blocage serait-il le résultat d’une identité forgée, d’un verre bien rempli ?
Si je dois m’adapter cela signifierait-il que je dois vider une petite partie du verre, abandonner une partie de mes 2 cultures préférées ?
 
Je ne peux pas m’empêcher de me demander pourquoi mon évolution-adaptation-intégration-t-elle été si positive en occident et si décevante dans le monde arabe ? Serait-il car l’occident est pour moi le symbole de l’aventure, de la liberté, de la spiritualité et du pouvoir  et que c’est la définition que je veux donner à mes deux moitiés devenues mon identité ? Ou serait-ce parce que je clame la modernité que je me retrouve déphasée ?