lundi 13 février 2012

Du shopping au souking

A Paris, je faisais mes courses à la grande surface du coin, rue des belles feuilles, les meilleurs fruits et légumes gorgés de soleil venaient du Maroc ou de l’Espagne, avec un prix parfois moins cher que les légumes français. Je me suis toujours demandée que valaient ses légumes dans leur pays d'origine?
Aujourd'hui j'ai la chance de pouvoir aller à la source, au souk.
Le meilleur à Marrakech est le Souk el Sabet, le souk du samedi en banlieue, ou l'on trouve fruits, légumes et même produits d'entretien..... La différence est le prix: 100 fois moins cher et une ambiance kitch!





Puis direction un autre souk pour les épices, la stimulation de l'odorat est au rendez-vous mais aussi la vue étonnée devant ces montagnes d'épices les unes plus belles que les autres.....





A la fin de la journée, nous sommes récompensés par un énorme plat de couscous, dans lequel on retrouve nos légumes et nos épices ainsi que nos beaux souvenirs de la journée.




mardi 24 janvier 2012

La cruauté d'un homme


Il est vrai que dans mon blog je partage  avant tout les chroniques d'une femme architecte dans le monde du bâtiment, un monde d'hommes. Il est aussi vrai que depuis un certain temps mes chroniques s'orientent vers un autre monde en vue des différents changements qui bouleversent ma vie. Il est vrai que je peux écrire et raconter tout ce qui peut troubler mes sentiments, la seule plume qui détient ce blog.

Mais aujolurd'hui, je n'ai qu'une seule envie: écrire pour témoigner d'une cruauté que peut faire un homme à une femme, écrire pour partager l'expérience d'une personne chère, écrire pour lui souhaiter courage et patience.
C'est ma façon de la soutenir, de l'aider.

En dehors des rêves vendus aux touristes, des palaces de luxes, spa extravagants, des oasis verdoyants et soleil rayonnant, en dehors de ce cadre idéal existe des milliers de femmes battues ou vendues petite, des milliers d'enfants dans la rue, une pauvreté et une misère déprimantes.

Un soir, après le boulot, elle se retrouve chez elle, seule avec son fils de 11 ans puisque de son homme elle est divorcée depuis longtemps. Un homme du quartier essai de casser la porte de son appartement pour rentrer chez elle, la voler, la violer ou peut être la tuer. Par réflexe de protection maternelle elle met une chaise, grimpe le mur mitoyen et se retrouve avec son fils chez les voisins. Cet homme savait à qui il avait affaire et l'a bien signalé aux voisins qui essayaient de le retenir, il rentrait par infraction chez une femme divorcée, une femme seule, une femme faible. Elle appelle la police qui ne tarde pas à l'arrêter et l'emmener au poste. Il y séjourne pendant 2 semaines.
Entre temps, il demande à sa famille et amis de la supplier pour ne pas porter plainte ni prolonger son séjour en prison, mais en parallèle la menace de faire du mal à son fils!

Cette femme est courageuse, battante et bonne travailleuse. Elle n’a pas eu une vie facile depuis son plus jeune âge. Vendues par son père à une famille riche quand elle était petite pour jouer avec les enfants de cette famille, comme lui explique son père. Mais au lieu de jouer, elle s’est retrouvée à faire le ménage quand elle n’est pas perchée sur un escabeau pour faire la vaisselle. Elle a même été battue par le père de la nouvelle famille.

Hier, son fils marchait dans la rue quand un homme, un ami fidèle du premier, envoi ses enfant tabasser le petit avant de reprendre lui-même sa voiture et l'écraser et ainsi faire du mal à une personne innocente, une femme, une mère.
Le fils de 11 ans, se retrouve aujourd'hui sous surveillance à l'hôpital, au service de neurologie, avec un traumatisme crânien causé par une agression. Il y restera jusqu'à demain car, en manque de sécurité sociale, elle n'a pas les moyens de s'offrir le luxe de surveiller-protéger-guérir son fils, elle n'a pas les moyens de payer les frais des examens et elle n'a que 48hr pour rembourser les frais de l'hospitalisation déjà engagés.

Du pied du lit de son fils, elle prie son Dieu, elle pleure, elle espère!
Il n'y a pas plus dure que de voir son enfant souffrir, agressé et pourvu d'avenir!
Je ne peux que lui souhaiter le courage, la force, le rétablissement deson fils et le soutient des bloggeurs-lecteurs à travers ce texte.
La pauvreté, la misère, la dépendance de la drogue, la vengeance, lajalousie, la communauté, les traditions, la religion peuvent-ils être un motif suffisant pour agresser un enfant, pour le priver de ses rêves   ou pour lui voler son avenir?


lundi 2 janvier 2012

Mais où est passée la sécurité ?


Depuis plusieurs jours, il y a une invasion massive de mon chez moi par des ouvriers en tout genre. Il y a ceux qui viennent pour la maintenance, ceux qui sont là pour l’entretien du jardin et ceux que j’ai demandé pour de petites interventions afin d’accrocher une patère ou réparer une prise…..
Donc depuis quelques jours, je gère mon petit chantier à moi sans la casquette de l’architecte mais avec celle de la femme-au-foyer aux yeux des ouvriers. Je garde de mon côté l’œil et la curiosité de l’architecte et me pointe à chaque intervention pour surveiller, vérifier et surtout donner mon avis. « Une femme qui parle » doivent se dire les ouvriers et me renvoient vers mon mari pour les réponses !
Je surveille car après l’expérience avec le maçon qui me pose un seuil à 1m de là où il devait le poser, je me rends compte que les ouvriers qualifiés ne trainent pas par-là !
Quand les jardiniers ont commencé à bosser, j’ai prétexté une pause cigarette dans le jardin pour les regarder et surtout pour voir que les normes de sécurité n’existent pas dans ce pays. J’ai vite imaginé la réaction que peut avoir un SPS français et je me suis souvenu, en particulier, du SPS qu’on avait nous sur le chantier de l’EHPAD qui hurlait car on grimpait sur une échelle pour monter sur la terrasse technique. Combien de fois il est venu me voir pour me parler de la sécurité, des conditions inadmissibles des ouvriers qui devaient descendre dans un vide sanitaire de 1m de profondeur sans crinoline et pour me dire surtout que si on continue comme ça il va me notifier par écrit et il arrêtera le chantier  car c’est pas croyable d’avoir une telle négligence des normes et du code du travail !
A ce SPS, je dis vient voir les jardiniers à Marrakech ! Des jardiniers qui montent sur l’échelle en s’appuyant sur un poteau métallique ou un arbre, ils montent 10 marches pour se pencher après et couper les branches à hauteur de la 5eme marche ! Quand je leur parle de sécurité, ils me regardent comme un extraterrestre fragile !
Puis vient le menuisier, à ma grande surprise c’était un bon, il fait du travail propre et m’a appris l’astuce de l’enveloppe : il l’a posé et collé sur le mur sous l’endroit où il doit percer  pour que la poussière tombe dedans laissant ma salle de bains propre !
Mais malgré son travail propre quand il s’agit de sécurité, il rejoint les autres ouvriers. Son moyen de transport date d’un siècle, il se déplace en vélo-brouette, se déplace d’un chantier a l’autre et transporte tout son matériel sauf un : le casque !
Il n’est pas le seul, ce qui m’a le plus choqué c’est quand je prends la voiture pour aller dans la ville, une grande partie des gens se déplace en vélo ou en moto mais leur particularité c’est qu’ils conduisent avec une main et mettent l’autre dans la poche si ce n’est pas les deux mains qui sont dans la poche !
Parfois j’ai juste envie de les prendre en photo pour partager avec les autres ce que je vois et qui me sidère. Je m’appliquerais la prochaine fois pour prendre des photos des parents qui mettent leur nouveau-né entre leurs jambes sur la mobylette !
Je n’ai pas pu m’empêcher de me remettre en question depuis mon arrivée, est ce que mon passage en France m’a formaté en un Security-freak ? Suis-je devenue adepte du système préventif à la Jacques Chirac ? est-ce-que 10 ans en France m’ont fait oublier que je viens d’un pays du tiers monde pourvu de règles de sécurité avant de devenir une française ?

mardi 13 décembre 2011

Un trait de niveau

     
Il y a quelques mois, je supervisais la construction de projets et veillais au respect de la qualité architecturale. Je bossais dur avec plusieurs entreprises pour arriver à livrer avec perfection un travail de 2 ans en moyenne.

Sur le chantier, un trait de niveau à 1m du sol fini tracé sur tous les murs et à tous les niveaux nous tenais compagnie et servait à tous les corps d'état comme repère. Un trait de niveau qu'on exigeait et qui devenait vite notre référence... En tant qu'architecte, les proportions, le visuel et les repères font le siège de mon cerveau pour devenir des images de référence. Quand un petit détail change, mon cerveau bloque jusqu'à trouver la différence!

Exit la vie de chantier et de workingmom, le trait de niveau peut s'avérer utile dans la vie d'une housewife lors de la guerre des produits de beauté!!! Pauvreté et besoin obligent, le personnel de maison se sert dans les produits des autres surtout quand ces derniers se nomment lierac, clarins, sensodine, clairial, et tout type de nom à l'européenne. Sauf que dans le cas d'un analphabète, son incapacité à lire le descriptif indiquant le mode d'emploi peut s'avérer dangereux!

Hier j'ai surpris mon employé de maison vider mon gros sel dans son sac à main, mais aujourd'hui, après l'avoir surprise  dans ma salle de bains entrain de vider mon dentifrice dans un papier alu dans le but d'en prendre pour chez elle, je ne peux pas m'empêcher de demander s'il n'est pas sérieusement temps d'envisager un trait de niveau de sécurité?! Un trait de niveau qui pourra sauver la confiance et maintenir un emploi-gagne-pains!

Une liberté envolée




A ma naissance j'ai reçu un précieux cadeau. Un cadeau que j'ai chouchouter durant toutes ces années, un cadeau que j'ai vu grandir en même temps que moi pour se valoriser et prendre une place importante dans ma vie, un cadeau qui me permet de voler. Un cadeau qui n'est autre que des ailes qui sont vite devenu ma liberté!

Depuis une semaine je me suis envolée vers une nouvelle destination, je suis passée de la fille indépendante à la fille dépendante, de l'architecte à la femme au foyer, de Paris à Marrakech.
J’ai été amputée de mes ailes et enfermée dans une cage, une cage dorée de 100 hectares avec pour seule échappatoire un écran 17", une connexion Internet et des amis virtuels. Je me suis jamais sentie aussi loin de mon chez moi!

Ce sentiment de liberté perdue est-il lié au manque de sommeil, à l'absence d'un moyen de transport (privé ou public on s'en fou mais un moyen de transport bordel!), au besoin d'une vie socialo-professionnelle, ou à un début de baby-blues? Ma décision de partir, de quitter Paris était-elle la ligne rouge qu'il ne fallait absolument pas franchir?

Mon caviar français

Je me souviens quand je suis arrivée en France en 2001 pour mes études supérieures, j'avais découvert un dessert qui a la cote auprès des étudiants français de mon école d'archi: le fromage blanc accompagné de sucre, de miel, de coulis de fruits ou de crème de marron! Je me souviens aussi des premières fois quand j'avais gouté ce dessert, je l'avais pas trop apprécié je trouvais son goût fade et sans intérêt gustatif.
Avec le temps et les années, j'ai appris à l'apprécier, à lui donner sa juste valeur, j'ai appris à devenir une vrai parisienne. Aujourd'hui, ce fromage blanc fait partie intégrante de ma liste des courses et nécessite un saut en urgence au supermarché du coin quand il déserte mon frigo. Il m'accompagne pour mon petit déjeuner, mon déjeuner, mon goûter et parfois mon diner. Il appartient à la liste des aliments que je peux manger à volonté dans le cadre de mon régime préféré.

Lors des derniers mois du chantier d'EHPAD en banlieue parisienne et pendant la période de livraison, toute l'équipe déjeunais dans le seul et unique resto du coin. Les repas étaient bien festifs et surtout bien arrosés pour calmer le stress et la tension. Je prenais régulièrement un fromage blanc en dessert pour finir mon repas en toute légèreté!
L'été dernier, lors de mon séjour dans mon pays d'origine, j'ai réussi à trouver mon fromage blanc 0% dans un hypermarché à 50 km de chez moi! J'étais contente de le trouver car dans mon pays on n'a pas l'habitude de le manger. Il était là, au rayon crèmerie, mais avec une petite différence: le prix! Pour le même pot de 500g que j'achète à Paris à 2.50€, l'hypermarché affiche un prix équivalent à 20€.

Je ne peux pas m'empêcher de me demander si dans mon futur pays d'expatriation, je vais trouver du fromage blanc et surtout à quel prix? Le fromage blanc est-il devenu mon nouveau caviar blanc?

Une décision courageuse pour une workingmom

Il y avait une fois, un boss-qui-se-prend-pour-un-dragueur et une workaholic-mom qui bossaient ensemble depuis 6 ans…

Depuis plusieurs années, mon boss-qui-se-prend-pour-un-dragueur me tape sur les nerfs et sur les nerfs de toutes mes collègues, ex-collègues d’ailleurs car elles n’ont jamais voulu renouveler leur contrat !
J’ai voulu plusieurs fois claquer la porte et partir mais j’ai réussi à me calmer pour plusieurs raisons (très perso pour être révélées) mais aussi car mon métier me passionne, me permet de dépasser mes limites, de gérer mon stress et mon équipe afin de mettre au monde notre projet et de l’accompagner dans ses différentes phases de sa conception à sa livraison.
J’ai voulu démissionner à plusieurs reprises mais je suis très accro à ce que je fais, je suis une W.A. une Workaholic Anonyme !

Quand mari-idéal m’a annoncé son désir de quitter paris pour une nouvelle vie à l’étranger, je n’ai pas tout de suite réalisé l’impact que cela pouvait avoir sur ma vie. Avec toute la confiance en moi, j’ai imaginé pleins de projets, beaucoup de boulot mais avec un soleil et  une piscine en plus!
Entre temps, son projet se concrétise, je tombe enceinte et me retrouve maman-d'une-October-girl avec un mari-idéal basé à Marrakech.
Rien n'a changé dans ma tête de workaholic anonyme, je me vois toujours derrière mon ordinateur avec un tas de croquis sur calque parsemé bordeliquement sur mon bureau, les cheveux mal coiffés, une odeur de café dans la pièce mais avec un soleil, une piscine, une femme de ménage et une baby-sitter en plus cette fois!!!

Jusqu'au jour où je me suis retrouvée, October girl âgée de 18 jours dans les bras, aux urgences d'un hôpital pour enfants malades qui se fait peau neuve. J'étais coincée pendant toute une journée dans le service d'hospitalisation de jour entre les cris de mon propre bébé et le bruit d'un marteau-piqueur du chantier-peau-neuve de l'hôpital: Le premier symbole de ma vie perso, le deuxième celui de mon monde de jour, de ma vie professionnelle. Pour la première fois dans ma vie, c'est le bruit du deuxième qui m'irrita le plus et perturba ma concentration sur ce qui arrive à ce  que j'ai de plus cher au monde: ma petite famille.

Ce fut le déclic attendu, le message était très flagrant et disait long sur ma vie, mes priorités et mes devoirs du moment. J'ai décidé, ce jour, qu'à ma sortie de l'hôpital je vais revoir mes priorités, je vais enfin pouvoir démissionner....