mardi 13 décembre 2011

Mon caviar français

Je me souviens quand je suis arrivée en France en 2001 pour mes études supérieures, j'avais découvert un dessert qui a la cote auprès des étudiants français de mon école d'archi: le fromage blanc accompagné de sucre, de miel, de coulis de fruits ou de crème de marron! Je me souviens aussi des premières fois quand j'avais gouté ce dessert, je l'avais pas trop apprécié je trouvais son goût fade et sans intérêt gustatif.
Avec le temps et les années, j'ai appris à l'apprécier, à lui donner sa juste valeur, j'ai appris à devenir une vrai parisienne. Aujourd'hui, ce fromage blanc fait partie intégrante de ma liste des courses et nécessite un saut en urgence au supermarché du coin quand il déserte mon frigo. Il m'accompagne pour mon petit déjeuner, mon déjeuner, mon goûter et parfois mon diner. Il appartient à la liste des aliments que je peux manger à volonté dans le cadre de mon régime préféré.

Lors des derniers mois du chantier d'EHPAD en banlieue parisienne et pendant la période de livraison, toute l'équipe déjeunais dans le seul et unique resto du coin. Les repas étaient bien festifs et surtout bien arrosés pour calmer le stress et la tension. Je prenais régulièrement un fromage blanc en dessert pour finir mon repas en toute légèreté!
L'été dernier, lors de mon séjour dans mon pays d'origine, j'ai réussi à trouver mon fromage blanc 0% dans un hypermarché à 50 km de chez moi! J'étais contente de le trouver car dans mon pays on n'a pas l'habitude de le manger. Il était là, au rayon crèmerie, mais avec une petite différence: le prix! Pour le même pot de 500g que j'achète à Paris à 2.50€, l'hypermarché affiche un prix équivalent à 20€.

Je ne peux pas m'empêcher de me demander si dans mon futur pays d'expatriation, je vais trouver du fromage blanc et surtout à quel prix? Le fromage blanc est-il devenu mon nouveau caviar blanc?

Une décision courageuse pour une workingmom

Il y avait une fois, un boss-qui-se-prend-pour-un-dragueur et une workaholic-mom qui bossaient ensemble depuis 6 ans…

Depuis plusieurs années, mon boss-qui-se-prend-pour-un-dragueur me tape sur les nerfs et sur les nerfs de toutes mes collègues, ex-collègues d’ailleurs car elles n’ont jamais voulu renouveler leur contrat !
J’ai voulu plusieurs fois claquer la porte et partir mais j’ai réussi à me calmer pour plusieurs raisons (très perso pour être révélées) mais aussi car mon métier me passionne, me permet de dépasser mes limites, de gérer mon stress et mon équipe afin de mettre au monde notre projet et de l’accompagner dans ses différentes phases de sa conception à sa livraison.
J’ai voulu démissionner à plusieurs reprises mais je suis très accro à ce que je fais, je suis une W.A. une Workaholic Anonyme !

Quand mari-idéal m’a annoncé son désir de quitter paris pour une nouvelle vie à l’étranger, je n’ai pas tout de suite réalisé l’impact que cela pouvait avoir sur ma vie. Avec toute la confiance en moi, j’ai imaginé pleins de projets, beaucoup de boulot mais avec un soleil et  une piscine en plus!
Entre temps, son projet se concrétise, je tombe enceinte et me retrouve maman-d'une-October-girl avec un mari-idéal basé à Marrakech.
Rien n'a changé dans ma tête de workaholic anonyme, je me vois toujours derrière mon ordinateur avec un tas de croquis sur calque parsemé bordeliquement sur mon bureau, les cheveux mal coiffés, une odeur de café dans la pièce mais avec un soleil, une piscine, une femme de ménage et une baby-sitter en plus cette fois!!!

Jusqu'au jour où je me suis retrouvée, October girl âgée de 18 jours dans les bras, aux urgences d'un hôpital pour enfants malades qui se fait peau neuve. J'étais coincée pendant toute une journée dans le service d'hospitalisation de jour entre les cris de mon propre bébé et le bruit d'un marteau-piqueur du chantier-peau-neuve de l'hôpital: Le premier symbole de ma vie perso, le deuxième celui de mon monde de jour, de ma vie professionnelle. Pour la première fois dans ma vie, c'est le bruit du deuxième qui m'irrita le plus et perturba ma concentration sur ce qui arrive à ce  que j'ai de plus cher au monde: ma petite famille.

Ce fut le déclic attendu, le message était très flagrant et disait long sur ma vie, mes priorités et mes devoirs du moment. J'ai décidé, ce jour, qu'à ma sortie de l'hôpital je vais revoir mes priorités, je vais enfin pouvoir démissionner....

mardi 15 novembre 2011

Vers une nouvelle réglementation?

Depuis deux semaines, je passe mes journées au rythme de-le-sabi-mini-Einstein/mari-idéal et cale mes nuits au rythme d'october-girl, de ses cris et agitations interminables.
Ces cris connus pour avoir une valeur mesurée à 110dB, valeur que l'on n'a même pas en discothèques et salle de concerts car ces dernières ont un niveau sonore maximal autorisé de 105 dB, sont tellement perçants que ça fait mal aux oreilles et à la tête sans parler de l'effet qu'ils peuvent avoir sur le système nerveux!

Dans mon métier d'architecte, une partie de mon rôle consiste à défendre et lutter contre les nuisances sonores cadrées, principalement, par la loi en France (articles L. 571-1 à L. 571-26
du Code de l'environnement):

1- En amont avec le maire, on agit via la maitrise de l'urbanisme en faisant en sorte de limiter les bruits de voisinage dans les Plan Locaux d'Urbanisme (PLU) ou par des permis de construire adaptés.

2- On applique avec rigueur les normes et réglementations acoustique dans les projets. Sachant que depuis le 1er janvier 2000, la réglementation acoustique qui définit les performances acoustiques minimales requises dans un bâtiment d'habitation, a été modifiée afin de s'adapter aux indices européens. Certes elle n'impose aucun niveau réglementaire entre les pièces d'un même logement mais pour un meilleur confort acoustique, il est préférable de mettre en œuvre des cloisons ayant une performance minimum de 42 dB.
Prenons un exemple grandeur nature et inspiré de faits réels: quand je passe mes nuits isolée avec les cris de October-girl à 2 pièces de la chambre où dorment tranquillement mes 2 fous de jour, je suis séparée de ces derniers par 2 cloisons à 42db chacune (en supposant que mon logement répond à la norme ci-dessus). Ceci atténue les cris à 110db de 84db  (2x42db) pour ne leur faire parvenir que 26db très négligeable et ne pouvant même pas perturber leurs rêves!

3- On vérifie les performances acoustiques des produits et des ouvrages de bâtiment à prescrire dans les projets On vérifie l'indice d'affaiblissement acoustique de ces produits ou bien l'isolement acoustique entre logements. A savoir que plus la valeur de ces caractéristiques, exprimée en dB, est grande, meilleure est la performance, à l'inverse du son perceptible qui plus sa valeur est grande plus il frôle le seuil de la douleur à 130 dB.

En résumé, à quand une réglementation prenant en compte les cris de 110dB contre lesquels aucun logement n'est équipé? Une réglementation qui impose des meilleures performances aux cloisons séparatives entre logements et entre les différentes pièces d'un même logement?
Car à force de répéter toutes les nuits, on nous accusera de porter atteinte à la qualité de vie, à la tranquillité et à la santé de nos voisins dans un immeuble construit avant les années 70 et ne répondant á aucune réglementation!

On nous accusera, également, de tapage nocturne si notre voisin considère que les cris de bébé rentrent dans la case "Cris" du code de la santé publique eux-mêmes considérés par la réglementation comme des bruits de voisinage!
Et quand on sait qu' "aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage" sinon on est passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 450€ et en plus d'une peine complémentaire de confiscation de la chose qui a servi à commettre l'infraction, une pression supplémentaire vient s'ajouter à notre angoisse, notre stress et notre énervement!!!

A quand une nouvelle réglementation prenant en compte tous ces critères dans les bâtiments d'habitation ainsi que dans les hôpitaux et les maternités?

Un jeu d'imagination

En ce moment, pendant que je note mes idées dans mon iPhone en attendant de les mettre sur mon blog, ma petite october-girl et moi partageons la chambre de l'hôpital depuis ce matin avec un papa-trentenaire-sexy et son fils de 1an.

Depuis ce matin, il parle de l'arrivée de maman-parfaite ce soir car elle prendra le relais pour la nuit. Depuis que  papa-trentenaire-sexy a commencé à parler de la maman-parfaite, j'ai commencé à jouer à mon jeu préféré. Un jeu d'imagination auquel je joue souvent depuis que j'ai intégré le monde du bâtiment et qui consiste à imaginer la tête et le style de la femme qu'on s'apprête ou pas à voir d'après la vision qu'ont les hommes avec qui je discute.
Je m'attends toujours à voir une femme qui se met en valeur, qui s'assume, belle, sexy qui prend soin d'elle-même, bien stylée, une femme quoi! Une femme qui a appris par cœur les pages et astuces des revues de filles qu'elle a décortiqué dans le moindre détail, de la page mode à la page people en passant par la rubrique psycho qui nous explique notre migraine, notre vie de couple et notre psychose.

À l'époque des réunions du jeudi quand je passais beaucoup de temps à discuter avec les hommes-du-bâtiment, avides de nouvelles relations, j'essayais d'imaginer leurs femmes vu les discours qu'ils tenaient ne laissant pas la place à aucun fashion faux-pas ou autre faux-pas de la part de leur partenaire.

Je me souviens de ces hommes-du-bâtiment qui m'expliquaient le pourquoi du comment du concept "relation extra-conjugale", du besoin de nouvelles chairs pour une sexualité épanouie. Ils me justifiaient la trahison en jetant la pierre sur la femme car elle se néglige après le mariage, ne fait rien pour attirer sexuellement son partenaire du sexe opposé comme elle prétend souvent une migraine ou une fatigue, parce qu’elle prend le temps de gérer une famille, un foyer et se laisse aller. Je me souviens même d'un homme-du-bâtiment qui me racontait que sa femme-au-foyer est devenue inintéressante car elle n’a rien à dire!
Donc après tous ces discours et vu leurs convictions, j'imagine bien le profil de la femme-parfaite que dessinent ces hommes-du-bâtiment-encore-mariés sinon ils auront déserté leurs femmes depuis longtemps ou seront inscrits sur café coquins comme certains de leurs confrères. À chaque fois que j'évoque avec eux leurs femmes, les couples, la vie de famille ou les femmes en général, une case avec photo de la femme-idéalement-parfaite s'allume dans ma tête.

Le problème c'est que je suis souvent déçue car le profil décrit par ses hommes correspond aux femmes de leurs rêves, aux femmes qu'ils cherchent encore et aux femmes qu'ils ne peuvent avoir. Il s'avère souvent qu'en me décrivant le profil de la femme qui pousse à avoir une relation extra-conjugale, ils décrivaient souvent le modèle qu'ils ont!!
Ce discours est-il pour justifier une trahison? Est ce qu'ils ne correspondent pas au profil mari-parfait ou père-au-foyer-sexy de ces femmes-idéales?
Et pour finir, maman-parfaite arrive et une fois de plus, je suis déçue!!!


Jusqu'où....

Grossesse-accouchement-prise de poids-déménagement-Cris de bébé-cartons-mini Einstein-grand départ-démarches administratives obligent, mon corps se perd dans un tourbillon de réactions chaotiques et sollicitations interminables.

Au troisième trimestre, j'ai essayé l'acupuncture pour la préparation de l'accouchement. Il fallait me vendre l'idée au départ car étant scientifique, cartésienne et ordonnée par nature je n’ai pas adhéré à l'idée des aiguilles-points qui commandent! Un point, une énergie bloquée et un méridien ont fait que deux semaines plus tard j'ai eu un accouchement zen et serein ainsi qu’une ambiance gai et décontractée en salle de naissance.

Maintenant il faut juste me dire quel est le point à adorer responsable de l'amincissement!!!
Il m'évitera les régimes draconiens et la perte de temps en institut de beauté, car impatiente que je suis, une semaine après l'arrivée de "October-girl", j'ai poussé la porte de mon institut de beauté fétiche pour des séances de cellu M6, cellulolypolyse pressothérapie et pour tout type de massage pouvant faire du bien à mon corps, mon moral et à mon égo.

Une pause détente au milieu d'une course contre la montre pour commencer une nouvelle vie dans un corps mis à rude épreuve par la grossesse, fragilisé par l'accouchement et traumatisé par la prise de poids.


Avec tous ces moyens à notre disposition, à commencer par l'acupuncture pour finir enveloppée d'une couverture qui agit par pression d'air et tartinée d'un mélange canfre-menthe, comment peut-on contrôler notre corps et nos émotions le jour où le bordel d'un nouveau départ s'installe dans notre vie sans faire de la table de massage notre seul et unique échappatoire?!!


 

dimanche 18 septembre 2011

Des phrases qui reviennent

Pendant une période de charrette et de préparation pour le dépôt d’un dossier important, un  permis de construire pour un immeuble de 60000m2, j’avais  dans mon équipe de travail un architecte coréen très doué pour la 3D sur revit et maitrise très bien les logiciels de dessin. Il bossait avec des horaires de coréen, jamais à la manière d’un fonctionnaire français ! Son salaire est très vite rentabilise par mon patron au détriment de mon collègue bien évidemment jusqu’au jour où une collègue lui pose une colle sur autocad !!
 Il commence à chercher pour trouver la réponse au lieu de dire tout simplement « je ne sais pas » comme le font beaucoup d’autres. Il est vrai que la réponse allait nous aider énormément et allait résoudre une énigme considérable qui nous permettra de ne pas perdre un fichier important !
L’enjeu était de taille pour toute l’équipe qui se donnait à fond et sans limite pour ce projet sauf une personne : mon boss bien sûr puisqu’il ne pense qu’au cout actuel du projet, à l’argent qu’il sort tous les mois sans réfléchir au retour financier que peut avoir l’obtention du permis après quelques mois.
Alors le boss lui demande ce qu’il fait, il l’avait observé pour une matinée et sans attendre la réponse du coréen, il lui sort tout haut : « tu sais combien tu coutes a l’heure, mec ? »
Cette phrase est devenue l’emblème du rendu, du projet et de l’équipe. On la sortait à chaque fois qu’on avait besoin de se moquer ou de rire.

Depuis qu’il s’est installé dans son nouveau pays, au soleil et dans une grande maison avec femme de ménage et nounou à plein temps, mon petit « sabi » a oublié le rythme parisien très speed et a gardé le rythme cool, à la douce et sans stress, au point de prendre tout son temps pour faire la moindre tache, le moindre geste.
Moi, je n’ai pas encore appris à me la jouer cool et profiter de la vie zen, je suis toujours montre chrono à la main entrain de pousser tout le monde à être réactif, hyper actif et à speeder. Surtout à l’heure du petit déjeuner, il faut pouvoir s’habiller, préparer la lunch box et être prêt avant l’arrivée de papa pour le départ à l’école.
Un matin on prenait le petit déjeuner dans le jardin, tout le monde avait terminé sauf bien évidemment le petit « sabi » qui contemple le jardinier entrain de tondre la pelouse et qui se pose des questions existentielles en sirotant son petit verre de lait !
C’est à ce moment-là que je le regarde, regarde la nounou assise à table à l’attendre, moi, architecte de formation-maman à plein temps en ce moment, donnant les consignes pour aller vite, c’est à ce moment-là qu’une idée m’a traversé l’esprit me rappelant la phrase de mon patron que j’ai eu envie de ressortir : « tu sais combien tu coutes a l’heure, mec ? »
*une pensée à toute l’équipe qui se rappelle de cette phrase !



De retour …. Enfin presque !

A peine installée dans mon fauteuil, je prends mon iPhone pour envoyer des messages à ma famille et les prévenir de mon arrivée saine et sauve à paris. Par reflexe, je pars juste après surfer sur Facebook  pour savoir ce qui a pu se passer le temps de mon retour et j’affiche mon « home sweet home » sur mon mur pour les amis !  
Après 2 mois et demi à vagabonder enceinte jusqu’au cou d’un pays à un autre, trimbalant un enfant de 5 ans d’une région à une autre, d’une activité à une autre, d’une consultation gynéco à une échographie, me voilà enfin de retour pour m’occuper de mon jour J, le jour où j’accueillerais ma « bannout »
 Après 2 mois et demi et une opération à cœur ouvert, des séances de radiothérapie, des séances de chimiothérapies, une opération urgente suite à un accident vasculaire, une salmonella, une épine de cactus dans un œil, une préparation de mariage, une rééducation post-opératoire, un retour à paris de 4 jours pour suivi de grossesse, un nouveau départ, nouveau pays, une adaptation, un retour à l’école mais dans une nouvelle, nouvelle langue, nouvelle nounou,…
Après 2 mois et demi de stress, de fatigue, d’émotions et d’organisation, me voilà de retour dans mon « home sweet home » pour 1 mois, prête à me consacrer à l’arrivée de ma « hope-to-be-my-mini-me »  et à préparer un nouveau départ.
 Après 2 mois et demi me voilà à nouveau devant mon ordinateur à écrire, à partager sur mon blog des histoires avec mes fidèles lecteurs.
 Après 2 mois et demi me voilà de retour…. Enfin presque !